Posté par: Administrator in non classé on Nov 6, 2009
Je n’ai pas pu m’empêcher de me poser cette question à la lumière des scandales sexuels (pédérastie, attouchements, pornographie juvénile, sodomie, etc) qui ont éclaboussé l’Église ces dernières années. Cependant, une mise au point s’impose : quand je dis « ces dernières années », je ne veux nullement sous-entendre que les hommes d’Église d’aujourd’hui sont plus pervers que ceux d’autrefois. Loin s’en faut! La différence réside dans le fait que la population est mieux informée, plus sensibilisée, plus intolérante aux écarts moraux des hommes de religion. Et en plus, le code criminel devient plus sévère.
En réalité, l’histoire de l’Église est tissée d’exemples qui témoignent du malaise de la religion chrétienne vis-à-vis de la sexualité. De Saint-Augustin à Benoît XVI, la sexualité a toujours été perçue par le Magister de l’Église comme un mal nécessaire… Nécessaire non pas au plaisir (c’est de la concupiscence, donc un péché), mais à la procréation.
Ainsi, la théologie chrétienne, dans la perspective de l’Église catholique romaine, a toujours enseigné que le sexe n’avait qu’un but : perpétuer la race humaine. En dehors de cette motivation, le sexe est péché, même au sein du mariage. De plus, la sexualité est, selon Saint-Augustin, à la base du péché originel.
Dans cette perspective, il n’est pas faux d’avancer que la théologie chrétienne est hostile à tout ce qui procure du plaisir à l’humain. Le plaisir (sauf le plaisir en Dieu) est toujours péché. En fait, il faut se demander si la théologie chrétienne n’est pas opposée à toute possibilité d’un bonheur sur Terre pour l’Homme?
Or, puisque l’humain se livre à la sexualité plus par plaisir que par le désir de se procréer, il en résulte un schisme entre les vœux pieux de l’Église et la réalité humaine. Il appert qu’historiquement, l’Église a erré en matière de sexualité.
L’Église chrétienne a, n’ayons pas peur du mot, menti à elle-même et aux autres. Car, le sexe n’est pas un mal nécessaire, mais un besoin. Un besoin aussi puissant que le manger et le boire. En choisissant d’ignorer cette vérité évidente, l’Église a fait de la sexualité, un tabou, une honte, une réalité souterraine et opprimée. Or, tout besoin opprimé devient tôt ou tard explosif.
Que faire alors pour corriger le tir? Il faut reconnaître le sexe pour ce qu’il est : un puissant besoin. Un besoin essentiel au bon fonctionnement et à l’équilibre de l’humain.
En terminant, il me semble qu’en ce qui a trait à la sexualité, l’humain a trois options :
1-Se faire du sexe (la masturbation et ses différentes manifestions conscientes ou inconscientes, bénéfiques ou pathologiques),
2-imposer son sexe à un partenaire non consentant ( viol, relations avec des mineurs, etc.),
3-négocier son sexe avec un partenaire consentant.
Personne n’échappe à cette réalité. De là à dire que le sexe est un tyran qui n’épargne personne, il n’y a qu’un tout petit pas…