RANGOON, Birmanie - La junte au pouvoir en Birmanie a rendu publiques jeudi de nouvelles lois qui, non seulement interdisent à l'opposante Aung San Suu Kyi de voter ou de se présenter aux élections prévues dans le courant de l'année, mais en plus invalident officiellement la victoire écrasante de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND) aux législatives de 1990.
La lauréate du prix Nobel de la paix 1991 a dénoncé le caractère "répressif" et "injuste" de ces nouveaux textes mais "appelle le peuple et les forces démocratique à agir de façon unanime contre des lois aussi injustes", selon le porte-parole de la LND, Nyan Win, qui lui a rendu visite chez elle à Rangoon, où elle assignée à résidence jusqu'en novembre. A 64 ans, la dissidente a passé 14 des 20 dernières années en prison ou détenue à domicile.
Les militaires au pouvoir n'ont pas encore fixé la date exacte des élections législatives, qui seront les premières depuis celles de 1990 dont ils ont confisqué les résultats, mais ils multiplient les obstacles pour l'opposition et surtout pour sa dirigeante.
Cinq lois, dont quatre ont été rendues publiques, sont entrées en vigueur depuis lundi. Jeudi, la junte a publié des textes invalidant les résultats des législatives de 1990, dont l'opposition réclamait la reconnaissance, et interdisant à quiconque a été condamné -comme Aung San Suu Kyi l'a été pour la première fois en août dernier-de voter ou de se présenter aux élections au Parlement.
Le régime a par ailleurs annoncé la création d'une commission électorale qui sera dirigée par un ancien militaire haut gradé.





