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Le nombre de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu au pays reste stable

OTTAWA - Le taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu au Canada est demeuré stable en 2006, et ce, pour une quatrième année consécutive. Toutefois, ce type de crime est en augmentation chez les jeunes. Dans un rapport rendu public mercredi, Statistique Canada a précisé que les services de police canadiens ont dénombré un peu plus de 8100 victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu. Les victimes de ces infractions, qui variaient de voies de fait aux vols qualifiés et aux homicides, représentaient 2,4 pour cent de toutes les victimes de violence. Les armes de poing constituaient près des deux tiers de toutes les armes à feu utilisées.

Les crimes violents étaient le plus souvent commis avec d'autres types d'armes plutôt qu'avec des armes à feu. En effet, les couteaux représentaient 6,2 pour cent des armes utilisées contre les victimes de violence, et les armes contondantes, 3,0 pour cent des armes.

Les données déclarées par la police montrent que le recours aux armes à feu dans la perpétration de crimes violents est cependant à la hausse chez les jeunes personnes. Le taux de jeunes auteurs présumés de 12 à 17 ans ayant utilisé une arme à feu pour commettre une infraction a augmenté au cours de trois des quatre dernières années, ayant progressé de 32 pour cent depuis 2002.

En 2006, 1287 jeunes ont utilisé une arme à feu dans la perpétration d'un crime violent. Ces jeunes représentaient 2,8 pour cent de tous les jeunes auteurs présumés de violence. Par contraste, 1,8 pour cent des auteurs présumés adultes de crimes violents avaient eu recours à une arme à feu.

En général, les plus forts taux de violence armée au Canada ont été constatés dans les plus grandes villes en 2006. Vancouver a enregistré 45,3 crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu pour 100 000 habitants, ce taux étant le plus élevé au pays et de beaucoup supérieur à la moyenne nationale de 27,5. Le taux de Winnipeg s'élevait à 43,9 et celui de Toronto, à 40,4. A Montréal, le taux était de 34,9 et à Québec, de 18,2.

À l'échelon provincial, la violence commise à l'aide d'une arme à feu était plus répandue dans les provinces de l'Ouest que dans l'Est, ce qui correspond à la répartition géographique des crimes violents en général.

Ces chiffres font dire au ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, qu'il est primordial que le Sénat approuve le projet de loi omnibus de lutte à la criminalité que les conservateurs tentent ardemment de faire adopter.

"Ces statistiques démontrent que notre approche est nécessaire, on doit vigoureusement faire la chasse aux criminels, a déclaré le ministre. Il n'y a pas de raison qui justifie que des sénateurs libéraux non élus empêchent l'adoption de lois qui permettraient d'emprisonner de violents criminels."

Mais Ujjal Dosanjh, le critique libéral en matière de sécurité publique accuse plutôt les conservateurs de déployer des efforts "gonflés aux stéroïdes" afin de persuader le public qu'il y a une crise émergente.

"Le fait est que le nombre de crimes violents commis à l'aide d'armes à feu est assez stable, a indiqué M. Dosanjh. Le gouvernement devrait cesser de faire peur au monde."

© La Presse Canadienne, 2008
 

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